Des airs, des eaux et des lieux | Hippocrate

Hippocrate de Cos, médecin de la Grèce Antique est le Père de la Médecine. On a tous entendu parlé de son fameux Serment d’Hippocrate, à l’origine du Code de déontologie de tout bon médecin.

Et bien, savais tu, ô Toi, Joyeux être humain, que Hippocrate s’est intéressé à la qualité des lieux de vie, et donc à la Géobiologie et au Bioclimatisme, dans son traité DES AIRS, DES EAUX ET DES LIEUX ?… (texte traduit disponible ici).

  • Airs : L’air que tu respires, le vide qui t’entoure, l’ambiance dans laquelle tu vis, des pollutions électromagnétiques aux odeurs, en passant par les nuisances sonores et le radon…
  • Eaux : Celle que tu bois, celle que tu manges, celle que tu respires, qui parcours ton corps et celle que tu rejettes, celle qui ruisselle sur les terres agricoles polluées et sur ton toit en ardoise fibro-ciment…
  • Lieux : Là ou tu vis, là où tu travailles, et surtout, là où tu dors.

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Morceaux choisis | Pour mon plus grand plaisir de partager les textes anciens avec mon regard de Géobiologue & Architecte :

Considérer, premièrement, par rapport aux saisons de l’année les effets que chacune d’elles peut produire, car elles ne se ressemblent pas, mais elles diffèrent les unes des autres (…) en second lieu, les vents chauds et les vents froids (…), également considérer les qualités des eaux, car, autant elles diffèrent par leur saveur et par leur poids, autant elles diffèrent par leurs propriétés.

Examiner sa position et ses rapports (de la ville) avec les vents et avec le lever du soleil ; car celle qui est exposée au nord, celle qui l’est au midi, celle qui l’est au levant, celle qui l’est au couchant, n’exercent pas la même influence.

Les plus grandes et les plus dangereuses vicissitudes sont les deux solstices, surtout celui d’été et ce qu’on regarde comme les deux équinoxes surtout celui d’automne. Il faut également prendre garde au lever des astres, surtout à celui de la Canicule, ensuite à celui d’Arcturus, et au coucher des Pléiades. C’est principalement à ces époques que les maladies éprouvent des crises, que les unes deviennent mortelles, que les autres cessent ou se changent en maladies d’une espèce et d’une constitution différentes..

La moitié du texte décrit les particularités des populations au IVème siècle av. JC en fonction :

  • du climat et des saisons : doux, tempéré, humide…
  • du sol : sec, rocheux, marécageux…
  • de la végétation et donc de l’alimentation

Hippocrate établit des liens intéressants entre Environnement et Humains. Le premier agissant sur le second en profondeur : en créant des caractères physiques particuliers, des caractéristiques comportementales et des maladies spécifiques.

Il est vrai qu’aujourd’hui le brassage ethnique, l‘homogénéisation de l’habitat et de l’alimentation gomment nos différences comportementales. Il n’empêche que nous sommes tous à la fois, uniques et avec des profils spécifiques (de type Européens du Sud, Européens du Nord, Asiatique…).

 

Et si on se questionnait chacun sur nos propres besoins, en fonction des saisons, et hors de toutes limitations sociétales (horaires, rythme, nourriture mondialisée, lieux de vie standardisés, modes) ?… Quelle joie – utopique, presque anarchiste mais possible – de vivre dans la Diversité selon notre propre Nature !… Pierre RABHI nous ouvre des portes avec la Sobriété heureuse.

Et si on poursuivait le travail d’Hippocrate en considérant les effets insidieux des rayonnements électromagnétiques artificiels ?… En quoi notre physique évolue-t-il sous l’effet de notre environnement contemporain ? A l’aube d’une société aux objets hyper-connectés, qui serons-nous demain ?

😀

delphine@joiedevivreici.com

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Photo : HEBUS