Dans sa newsletter du mois d’avril 2021, le pôle ESS de Dinan ESS’P’Rance nous offre un espace de présentation. Les interviews, c’est jamais vraiment facile ! On espère que cette nouvelle présentation du projet vous touchera.

L’article est orienté « Accompagnement de l’incubateur TAg22 » et explique le macaron visible sur la colonne de droite de ce site internet :

Certains termes de l’économie sociale et solidaire pourrait ne pas parler à tout le monde. C’est l’occasion de s’initier à l’ESS et de découvrir ses spécificités, surtout quand on est dans une phase de préfiguration.


Incubateur TAg22 – ZOOM sur les projets de la promo #4

Publié le 09/04/2021, le lien vers l’article est : http://www.essprance.fr/actu#emii


TAg22 lance son 5ème appel à projets à destination des candidat·e·s souhaitant intégrer la nouvelle promotion (#5) de l’incubateur.
Pour l’occasion, nous vous proposons un zoom sur les projets de la promo #4. Nous vous présentons 2 des 4 projets en ce mois d’avril, les 2 autres vous seront présentés en mai.

E.M.I.I. Espace de loisirs pour grands enfants curieux d'Histoire(s)


Quand Delphine Guglielmini a suivi sa formation CREOPSS en 2019-20, elle a étudié ce projet qui lui tenait à cœur : un musée alternatif, vivant, participatif. E.M.I.I., c’est donc un Espace Muséal Immersif & Inspirant.

Un musée participatif (dans le sens où la parole des habitant.e.s et touristes est centrale), c’est un parcours de scénographies sur l’histoire locale, un cabinet de curiosités mettant en valeur des personnalités locales ou des actions collectives, une boutique de produits dérivés culturels et des ateliers de pratique artistique et créative, avec de l’événementiel pour dynamiser le futur lieu.
Avant de voir sortir de terre un tel musée collaboratif, il convient de construire d’abord une dynamique et de fédérer des personnes volontaires, physiques et morales (particuliers, artisans, entreprises, collectivités) autour d’un « épicentre » culturel et touristique commun, en territoire rural ou rétro-littoral. L’objectif est d’abord de construire les fondations d’une société coopérative avant de rechercher une adresse précise, car un bâtiment, c’est une charge.

A la suite du CREOPSS, intégrer l’Incubateur TAg22 était une évidence pour Delphine. Elle nous raconte son projet et ce que lui a apporté l’Incubateur.

► Raconte-nous, d’où t’est venue cette idée de projet ?

Je suis architecte de formation, spécialisée en patrimoine, avec en parallèle, un goût prononcé pour les pratiques artistiques collectives. Je me suis également intéressée à la vie politique locale en étant élue conseillère municipale de ma commune d’adoption en 2008-2014. Aujourd’hui, tout en portant ce projet entrepreneurial, je fais partie de l’équipe de la SCIC KEJAL, du conseil de développement du pays de Saint-Malo (CODESEN) et suis en charge de la diffusion pour des artistes d’ici.

En suivant des chantiers de restauration, en assistant à des visites patrimoine où il n’y avait que des retraité.e.s, en constatant pourtant l’intérêt pour l’Histoire avec le développement des fêtes médiévales et autres reconstitutions même dans des séries à succès, je me suis interrogée : « Comment dépoussiérer notre vision du patrimoine, pour en extraire toutes les richesses utiles pour aujourd’hui et demain ? Les gens d’hier aimaient rire et vivre comme nous ; Comme nous, ils ont eu le souci de transmettre le meilleur d’eux-mêmes, non ? » De fil en aiguille, la question s’est transformée en : « Et si on créait un musée participatif entre Rennes, Saint-Malo et Dinan, on y mettrait quoi ? »

► Pourquoi as-tu intégré l’Incubateur du TAg22 et qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Lors de la soutenance orale de la certification « Entrepreneur.e de l’économie solidaire et du développement durable » en juin 2020, je voyais bien les actions qu’il me restait à faire, les recherches à compléter : j’avais besoin d’explorer encore davantage ce projet muséal alternatif. Mais surtout, la crise 2020-21 a complètement rabattu les cartes : ce sera quoi, la culture, le patrimoine, le tourisme de demain ?! Soit je passais à autre chose dans ma vie professionnelle, soit j’allais au bout de ce que j’avais commencé à esquisser. L’incubateur m’a donné la discipline de poursuivre mes recherches, m’a permis de rencontrer des élu.e.s, des chargé.e.s de mission, des expert.e.s que je n’aurais pas osé rencontrer de moi-même, seule. La force d’Adrien Arnaud est de garder un œil sur l’avancement du projet, d’avoir un regard extérieur à la fois bienveillant et stimulant. Et toujours avec calme. Et puis, il y a cette énergie du groupe aussi : on arrive chacun.e avec des projets qui ont du sens pour ce territoire. C’est hyper-inspirant.

Mais tout n’est pas rose, soyons clair.e.s : il n’y a pas de financement quand on est porteur.se de projet à ce stade d’avancement. La pression financière sur le quotidien est bien réelle. Les financeurs et les politiques cherchent de « l’innovation sociale » dans tous les domaines, sans se soucier de celles et ceux qui osent le premier pas. Sans forme juridique, on n’est rien ! Personnellement, j’ai failli tout lâcher plus d’une fois. L’autre point noir lié à la situation sanitaire cette fois, est l’étalement du calendrier et la difficulté de rencontrer des personnes en vrai. On a beau dire : le distanciel n’assure pas la même qualité de relationnel que lorsqu’on partage un thé ou un café.

► Où en es-tu dans ton projet ?

Aujourd’hui, malgré la crise sanitaire, culturelle, politique, des subventions publiques, nous sommes 5 jeunes femmes de 18 à 41 ans, portées par ce projet un peu fou. Je ne suis plus seule et ça fait énormément de bien de partager nos points de vue et pratiques, même si la machine n’avance pas aussi vite que je le souhaite. Jeunes et avec un emploi en parallèle aussi, car la situation le nécessite. Donc, nous prenons le temps de nous connaître et de mieux connaître notre environnement et les habitant.e.s qui font ce territoire des Pays de Dinan et de Saint-Malo.

Ma force (Delphine) est d’être formée en entrepreneuriat de l’économie sociale et solidaire et du développement durable, et issue de l’architecture du patrimoine. Celle de Lucile est de connaître les besoins de l’Éducation nationale en terme de pédagogie, ludique notamment. Celle de Maïté est de travailler avec des partenaires culturels et d’assurer une gestion associative et événementielle. La force d’Emanuela est d’avoir un regard pointu de doctorante et d’italienne sur ce projet. Enfin, Bethsabée notre benjamine, a la culture et les mots intransigeants des jeunes sur des actions « patrimoine » habituellement créées par et pour des retraité.e.s. Par ailleurs, chacune a déjà eu l’expérience de travailler avec des municipalités. Notre projet associatif s’inscrit dans les champs de l’éducation au patrimoine, du tourisme rural et des loisirs créatifs éco-responsables. Le fait qu’il puisse être une réponse aux problématiques interculturelles du monde d’aujourd’hui nous motive vraiment.
Nous en sommes à la finalisation de l’écriture de nos statuts associatifs : il s’agit d’une association de préfiguration de SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) qui se nommera probablement JOIE DE VIVRE ICI.

► As-tu un appel à lancer, une demande particulière, quelque chose de spécial à dire ?

Créer une SCIC n’est pas simple et demande du temps, mais surtout de l’implication bénévole. Il s’agit de concevoir et de tisser de nouveaux échanges économiques durables, de mettre en place des partenariats solides. Dans des filières Patrimoine, Culture, Loisirs, Tourisme en fragilité économique qui plus est. Aujourd’hui, nous sommes aux prémices (aux pr-EMii-ces comme j’aime l’écrire) du réseau de partenaires. Dans la démarche idéale, un comité de pilotage de 6-8 professionnel.le.s est à constituer, puis une douzaine de réunions de travail collectif est à préparer, coordonner, animer, synthétiser. Je travaille cette méthodologie d’animation de réseau.

En parallèle, nous avons envie d’utiliser la première association JOIE DE VIVRE ICI pour gagner en visibilité à travers des actions de médiation culturelle courant 2021-22, pour nous tester aussi. Je lance donc un appel à tou.te.s : faisons en sorte que cette situation sanitaire s’arrête et que la dynamique culturelle reprenne ! De manière plus concrète, je demande à ce que les personnes qui seront contactées par nos soins se montrent ouvertes à ce projet coopératif. Et si certaines lectrices ou lecteurs se sentent motivé.e.s pour s’impliquer dans notre démarche, welcome !
Enfin, pour les futur.e.s incubé.e.s du TAg22 : montrez-vous persévérant.e.s et jouez en collectif. Même moi, j’aime ça maintenant !


CONTACT

Association Loi 1901 de préfiguration de la SCIC d’acteurs et actrices du patrimoine en cours de constitutionPays de Dinan et de Saint-Malo

delphine@joiedevivreici.com

06 78 35 30 30

www.joiedevivreici.comhttps://www.facebook.com/joiedevivreici


Merci Sarah du pôle ESS’P’Rance !